Ce projet est né du confinement et de la nécessité de s’y reconcentrer artistiquement. Cette période inattendue de «court-circuit» sanitaire et temporel, de suspension des repères et des existences, a rendu impossible la rencontre physique avec les grandes œuvres d’art. Ce manque est devenu une réelle inquiétude pour moi. Alors je me suis plongée dans l’intimité d’œuvres qui m’ont fortement marquée dernièrement pour y renouer le dialogue de la création. Si certains ont opté pour la campagne, j’ai choisi de me confiner avec un Maître : Vermeer.

Ici, au printemps 2020, la vie avait pris un côté surréaliste. Le printemps éclatait de fleurs, de chants d’oiseau, de soleil; pour autant l’homme avait disparu des rues. Il était là, mais pas là. Malades et virus aussi étaient là, mais pas là. Et toujours ce printemps radieux.
L’écho des « scènes de genre » de Vermeer dans leur contexte artistique et philosophique, était assez fort au regard la période que nous traversions, pour stimuler une recherche personnelle, dans ce retour à une « intériorité » imposée.

L’étude de 4 femmes des tableaux : La femme au collier de perles, La femme à la balance, La femme lisant une lettre et La laitière, inaugure le travail. Le geste de chacune d’elles sera décliné à travers une autre femme chaque mois comme un tempo photographique. Chaque femme poursuivra la mémoire de la précédente, par le geste et la reprise de certains signes ou détails.
Ce travail a été une réflexion sur la représentation du corps, du geste en sculpture et en céramique, et sur la façon dont l’art nous habite et nous aide à vivre.
Il devoile un processus artistique sur 3 mois Avril, Mai, Juin en 3 séries de 4 figurines, autour du manque, la perte de repères, du recentrement et de la renaissance.

• Série de 4×3 figurines : Avril, Mai, Juin 2020
h 29 x 14 x 12 cm / Faïence engobée, émail partiel